Caractéristiques du zèbre # 1 Trop de questions tu te poseras

Comme évoqué dans mon précédent article, lors du premier entretien du processus de diagnostic de « haut potentiel », nous évoquons avec le ou la psychologue les traits de caractère, réactions, fonctionnements et modes de pensée qui nous mettent la puce à l’oreille.

En quoi nous nous reconnaissons ?

Ayant lu plusieurs ouvrages sur la question avant mon entretien, Trop intelligent pour être heureux, l’adulte surdoué et Rayures et ratures, je pense avoir cerné ma personnalité de zèbre.

Le premier entretien dure une heure.

Et une heure c’est court trop court pour tout dire.
Trop court pour obtenir des réponses.
En rentrant chez moi, j’ai re-vécu cet entretien, me suis remémoré TOUT ce que j’avais dit.

La question était donc : est-ce que j’avais TOUT dit ? La réponse est non.
Est-ce que j’avais dit assez d’éléments pour lui donner les clés de mon fonctionnement ?
Est-ce que je lui avais bien fait part de “l’ampleur des dégâts” ?
Est-ce que je n’avais pas trop parlé d’un sujet en particulier, en en oubliant d’autres importants ?

Durant toute la soirée j’ai stressé, stressé, stressé.
J’ai noirci des pages, en listant tout ce que je n’avais pas eu le temps d’évoquer.
J’ai saoulé mon mari pour qu’il m’aide à faire un point, pour qu’il m’aide à lister, qu’il m’aide à relativiser aussi : “C’est une professionnelle, elle saura comprendre”.

Oui, mais est-ce qu’elle ne pourrait pas penser que je suis juste hypersensible ? Que j’ai juste un trouble de l’anxiété généralisée ?

“Oui, mais…” c’est ma phrase préférée.

Oui mais”, avec le “Si ça se trouve…

Une de mes grandes facultés est de tout remettre en question.

Parfois, cela a du bon, notamment en phase créative, pour trouver une meilleure idée, des idées plus originales.
J’ai bien écrit “meilleures » idées, le but étant toujours de se surpasser, de ne jamais rester sur ses acquis, jamais dormir sur ses lauriers.

Par exemple un point de mon métier est de réaliser des films avec des enfants. Trop cool non ? Eh bien une fois, lors d’un atelier, les élèves ont commencé à tourner mes “oui, mais” et “si ça se trouve” en dérision.
Ces deux phrases sont de véritables TOC.
Elles sortent d’instinct, elles sont plus fortes que moi.

Lors d’un atelier, je passe mon temps à remettre en question les choix des enfants. En un sens, je pousse à bout leur créativité.
Pourquoi se contenter d’un scénario ou d’une mise en scène convenue ?
Je n’ai pas cette réflexion dans un but malsain ou compétitif.
J’emploie le mot compétitif, car il y a quelques mois, j’ai travaillé avec une professeure dont le but était de remporter un concours vidéo national. Nous participions à un concours vidéo ayant pour thématique le harcèlement scolaire. Un sujet important. Or… Elle me harcelait avec son concours !
Je cite : “est-ce que c’est assez bien pour gagner ? ça ne sert à rien si ce n’est pas pour gagner.” La notion de l’apprentissage était loiiinnn de ses préoccupations.
C’est fou pour une professeure!
Gagner c’est bien, mais on participe à un concours avant tout pour le challenge et tirer le meilleur de nous-mêmes.
Je vous passe les détails de l’ironie de la situation avec cette classe difficile : élèves insolents, démotivés ou absents ; et malgré tous les problèmes que nous rencontrions en classe, elle s’obstinait à me parler de gagner.

J’ai beaucoup pleuré, je ne comprenais pas pourquoi elle pensait de la sorte…

Ce que j’attends de mes élèves lors de ces ateliers, c’est qu’ils acquièrent de nouvelles compétences ou savoirs. Qu’ils approfondissent des notions, comme le harcèlement, qu’ils développent leur créativité, qu’ils fassent de la réalisation d’un film un terrain d’expression.

Qu’ils prennent conscience de leur potentiel (eux aussi).

Je pense accomplir ma mission : les films sont toujours des réussites.
Je joue rarement la carte de la facilité et nous sommes d’autant plus fiers du résultat.
Au fil des années, j’ai remporté avec mes élèves plusieurs prix, lors de festivals spécialisés. Mais ce qui me touche le plus, c’est l’émerveillement dans le regard, leur fierté.

La remise en question comme force d’apprentissage et force créative c’est le point positif de cette faculté de zèbre.

Peut-on être heureux sans force créative ?

Je ne sais pas. Je sais seulement que pour moi, ce n’est pas possible.
Mes élèves pourraient-ils être satisfaits sans force créative ? Peut-être, mais pour moi, cela ne serait pas épanouissant.
Trouver la touche en plus, le détail qui fait la différence, avec les enfants cela en devient ludique.
J’adore travailler avec les enfants, j’adore voir ce qui va sortir dans leur petite tête.

Et pourquoi moi, alors, je n’arrive pas à avoir autant d’enthousiasme à découvrir ce qui sort de ma grosse tête ?

Le côté négatif des questionnements permanents, c’est la peur qui les accompagne.

Comment me détacher de cette peur ?
Faut-il canaliser les pensées lorsqu’elles deviennent envahissantes ?
Mais comment ? Comment distinguer une pensée envahissante d’une pensée potentiellement enrichissante ?

Tiens encore des questions…

Un autre côté négatif des questionnements permanents, c’est qu’on tourne souvent en rond.

To be continued…

N’hésitez pas à me partager en commentaire vos réflexions.
« Trop » penser est-il un atout selon vous ?
Dans quel cas cela vous aides ou, au contraire, vous désert ?
Comment avez-vous appris à maitriser vos facultés de zèbre ?

Dites-moi TOUT ! ^^

X.O.X.O

C.

Vous pouvez suivre mes réflexions et apprentissages au jour le jour sur mon compte instagram @jebloguedoncjesuis .

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